Gisèle Halimi, « Fritna »

Gisèle Halimi, « Fritna »

Tout ce que je suis, tout ce que j’ai fait, c’est, peut-être, parce que ma mère ne m’aimait pas. ». Gisèle Halimi analyse, d’une manière à la fois très fine et très violente, la profonde blessure de son enfance, l’élément déterminant de sa psychologie et de sa vie entière.

« Ma mère ne m’aimait pas. Ne m’avait jamais aimée, me disais-je certains jours. Elle, dont je guettais le sourire – rare – et toujours adressé aux autres, la lumière noire de ses yeux de Juive espagnole, elle dont j’admirais le maintien altier, la beauté immortalisée dans une photo accrochée au mur où dans des habits de bédouine, ses cheveux sombres glissant jusqu’aux reins, d’immenses anneaux aux oreilles, une jarre de terre accrochée au dos tenue par une cordelette sur la tête, elle, ma mère dont je frôlais les mains, le visage pour qu’elle me touche, m’embrasse enfin, elle, ma mère, ne m’aimait pas. » (Gisèle Halimi)

Biographie de l’auteur
Gisèle Halimi est avocate au Barreau de Paris. Fondatrice avec Simone de Beauvoir de l’association « Choisir – La Cause des Femmes » qu’elle préside. Elle est l’auteur du rapport de l’Observatoire de la parité sur l’égalité en politique entre les hommes et les femmes. Elle a publié de nombreux ouvrages dont La Cause des Femmes, Djamila Boupacha, Le Lait de l’Oranger, Une embellie perdue et dernièrement, La Nouvelle Cause des Femmes.

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